Qui sont les Gardes? Episode 3

Maxime Esseiva

Vous ne connaissez pas les Gardes? Nous allons vous les présenter.

Et pour ce troisième entretien, c’est Maxime qui sera notre interlocuteur. Vous allez le découvrir, sous ses airs de combattants pugnace, il cache un cœur tendre et des idéaux variés.

Hérault: Salut Maxime. Peux-tu nous raconter en quelques mots comment tu as été amené à rejoindre la Garde?

Maxime: C’était en 2011, l’association était encore toute jeune (ça va bien, moi aussi). C’était un camarade de classe de l’apprentissage, déjà membre de l’association (Ludo) qui m’avait proposé de venir pour essayer.

Et, comme beaucoup de gens de ma génération, j’avais grandi avec les films du seigneur des anneaux. Donc pouvoir rejoindre une association médiévale, mais aussi fantastique, c’était sûr que ça allait me plaire.

Hérault: Fantastique ? Mais… je croyais que tu faisais de l’histo? (historique = reconstitution)

Aurais-je mal compris ?

Maxime: Alors, je serai bien présomptueux de dire que je fais de l’histo. Je suis assez fier de mes costumes et de mon équipement, mais il n’y a pas derrière la recherche qui permettrait de se rapprocher au mieux des connaissances historiques actuelles. En côtoyant de nombreux passionnés, on apprend beaucoup de choses sur le Moyen-âge et l’histoire de l’Europe, et je me fais plaisir de partager ce savoir. Mais je ne prétends pas être rigoureusement historique.

Hérault: Tu nous as évoqué ton costume. Qu’en est-il du combat? Quelle est ton approche ?

Hors Interview: « Alors j’ai très envie de faire plein de citation de OSS117 du genre « J’aime me battre », mais on va éviter

Maxime: Je perçois personnellement le combat – je préfère le terme « escrime » – de 3 manières :

– Déjà l’art martial, l’apprentissage du maniement de l’épée (entre autres). D’ailleurs, une des racines possibles d’escrime est le bas francique « Skirmjan » : se défendre. C’est là même l’essence principale de cette pratique.

– Le côté historique. Un des objectifs lorsque l’on pratique les Arts Martiaux Historiques Européens (abrégé AMHE) est de pouvoir faire renaître la pratique d’un art martial occidental qui a été oublié (en tout cas en partie). Aussi, j’apprécie d’apprendre les anecdotes sur les Maîtres d’arme de l’époque.

– Et l’approche artistique, plus proche du théâtre ou de la danse, car tout est connu et prévu à l’avance. Cela permet de pouvoir mettre en pratique les techniques que l’on a apprises tout en offrant la possibilité de le mettre sous forme de spectacle. C’est pour moi l’aboutissement de cette pratique.

J’ajouterai aussi avoir pu pratiquer le sparring, ou combat libre (avec protection, cela va de soi). Une expérience qui permet de se rendre compte de la difficulté de l’utilisation de l’épée et de ses techniques dans la pratique

Hérault: Voilà ce que j’appelle une réponse complète.. et pourtant..

Tu n’as pas évoqué le tir à l’arc. Le vois-tu aussi comme une discipline liée au combat ? Comment gères-tu ces deux aspects en tant que Maréchal ? 

…. d’ailleurs…. comment vois-tu cette fonction de Maréchal ?

Oui je sais ça fait beaucoup de questions. Mais j’entends d’ici les Gardes trépigner d’envie d’en savoir plus.

Maxime: Je ne suis pas archer, même si j’en ai fait un petit peu.

Il faut noter que je ne suis pas le maréchal, mais un maréchal. Et en l’occurrence, le maréchal responsable de l’archerie est Marc ( n.d.l.r.: Chassot )

Il y a des gens qui ne sont intéressés que par l’escrime, d’autres que par l’archerie, et encore d’autres par les deux.

On veut pas empêcher qui que ce soit de profiter de l’un ou de l’autre. Tout le monde est libre de venir aux entraînements pour participer à l’un ou l’autre ou à l’un puis l’autre.

Et finalement, j’aimerais dire qu’on est une équipe de maréchaux (Aude, Laurent, Hugo, Kolia, Marc et moi). Et nous allons travailler ensemble pour pouvoir fournir les meilleurs entraînements possibles.

Hérault: Finalement? Que nenni. C’est moi qui décide quand c’est fini.

Alors finalement…

… que dirais-tu aux gens pour leur donner envie de venir s’entraîner avec vous?

Maxime: Qu’ils sont et seront toujours les bienvenus ! Que ce soit pour participer régulièrement ou bien juste pour essayer ou même regarder.

Oh, et on prête volontiers du matériel

Lumina _Saint-Maurice, le 09.12.2023

Le Valais est un canton qui nous est cher et nous nous y rendons souvent. Cela est probablement dû à nos nombreux amis qui s’y trouvent et qui nous y accueillent toujours avec une hospitalité exemplaire.

On ne peut s’empêcher de noter les similitudes criantes d’ailleurs entre cette belle région et une autre que nous affectionnons: l’Ecosse.

Si bien sûr vous avez immédiatement pensé aux clichés sur l’alcool (vous êtes méchants), ou encore à l’indéniable esprit indépendantiste, dans le cas qui nous occupe nous nous concentrerons sur un élément plus primaire: le climat.

Sortez les parapluies. On part en Valais.

On part y allumer du feu en plus. Comment imaginer plus contradictoire?

Le festival Lumina était pourtant sacrément nécessaire par ces temps maussades. Et les saltimbanques de la Gardes étaient fiers d’y contribuer.

Nous y étions attendu pour travailler en collaboration avec de vieilles connaissances : Les Flammes de Sédune. Et nous n’avons pas été déçus, car ce fut un réel plaisir de flamber à leurs côtés comme au bon vieux temps.

Certains auraient tendance à évoquer des conditions incertaines. Nous les avons trouvé tout à fait stables et habituelles. Nous avons géré le froid et l’humidité avec courage, détermination, raclette et vin chaud. Comme quoi le Valais a des ressources à proposer pour surmonter les tracas de la météo.

La Garde s’en est ressortie grandie. Par de nouveaux souvenirs, de nouveaux amis (et renforts de dernières minutes) et de nouvelles compétences. Ainsi, nous avons désormais crée le poste à haute responsabilité de « Potiche ». Aussi connu sous le nom de « support à drapeau » ou encore « râtelier pour les trucs que l’on a pas envie de porter tout le temps ».

On est revenu tout trempés, certes… Mais sans tomber en panne sur l’autoroute cette fois-ci. Il faut savoir trouver le bonheur dans les petites choses.

Il semblerait que la saison prochaine, la Garde choisisse l’option « plongée » pour diversifier ses activités.

La Nuit des Musées de Conthey – 11.11.23

L’hiver vient. Gla gla.

Et si les fêtes médiévales vont en diminuant, l’activité de la Garde se maintient. Il faut parfois chevaucher nos destriers d’acier pour trouver de quoi se mettre sous la dent, mais le week-end dernier, la pêche a été bonne.

Note du rédacteur: afin de rester fidèle à la narration des quelques personnes qui nous ont rapporté leurs exploits, ne vous étonnez pas de voir apparaître le suffixe -esque de façon inattendue à la fin de certains mots. Notre Maréchal aime à créer des adjectifs « Tolkienesques » dès que l’occasion se présente.

Un groupe de Gardes du Mont-Gibloux s’est rendu à Conthey afin de participer à l’animation de la Nuit des Musées. Et si c’est surtout la combatesque que nous avons emmené comme présentation principale, c’est une équipe pluridisciplinaire qui a fait le déplacement.

Il a fait froid. Cela étant, il y avait du vin chaud.

Ou plutôt du thé chaud avec du vin au début. Ce sont des choses qui arrivent. Et ça marche pareil.

Les présentations escrimesques n’ont pas attendu la tombée de la nuit pour commencer. Le fracas des lames a vite attiré le public et les tentatives de la Greffière de déstabiliser le chef mat n’ont pas entamé sa fougue et sa combativité.

… mais il est quand même allé recompter les sardines. Au cas où.

Finalement, nos Gardes du Mont-Gibloux Gibloux ont partagé une soirée mémorable sous le signe de la bonne ambiancesque.

Nous avons même eu l’immense privilège de profiter d’une visite au flambeau du Bourg et ce fut magique.

Bichonnés et dorlotés par des organisateurs en or, les Gardes sont rentrés à la maison pleins de souvenirs et de…. Joiesque. (Sérieusement… il a vraiment dit « Joiesque ». Désolé)

Samain sur le Mont-Gibloux

La fête de Samain est moins connue que celles qui lui ont succédé, que sont La Toussaint et Halloween. Mais l’origine de ce mythe est à chercher dans les mêmes croyances antiques. Celles qui disent qu’au 1er novembre de chaque année, le monde des vivants est au plus proche de celui des esprits.

Il convient donc de se montrer exemplaires à Samain, car l’on est observé par les habitants de l’autre monde. C’est aussi le moment rêvé pour leur parler et leur transmettre nos pensées.

Samain, c’est le nouvel-an Celtique, c’est la période où l’on se retrouve et où l’on l’on célèbre dans la paix, la fin de l’été et le déclin du Soleil. Les Druides allumaient un grand feu, et les diverses familles du village venaient prendre un peu de ce feu pour le ramener dans leur maison et la chauffer l’hiver durant.

Depuis les toutes premières années de son existence, la Garde a fêté Samain et a accompli son traditionnel pèlerinage jusqu’à la fontaine à Catillon, au sommet du Mont-Gibloux.

2023 n’aura pas fait exception et une troupe de Gardes hardis se sont réunis à Villarlod pour une sacrée agape pas piquée des Cucards, comme dirait Cyrielle. (enfin presque)

Le départ du pèlerinage aura été quelque peu retardé, pour permettre aux derniers courageux de nous rejoindre. Mais comme le comité avait bien traîné pour sa séance du matin, les préparatifs de la salle n’étaient pas tellement avancés, et ce retard a bien arrangé tout le monde.

Vous vous dites peut-être que si les séances du comité durent si long, c’est parce qu’ils travaillent dur? Oui. Aussi.

Mais c’est surtout parce qu’on rit. Beaucoup.

La journée s’est déroulée dans la douceur et sans fausses notes, malgré les quelques guêpes qui voulaient aussi être de la fête. Le caissier les aura vite recadré, car elles n’ont pas payé de cotisation.

La surprise la plus mémorable arriva le soir. L’équipe cuisine a mis les petits plats dans les grands. Il fallait « marquer le coup », alors c’est un fameux banquet qu’elle nous a préparé. Tant visuellement que gustativement, on ne s’en est pas encore remis.

Il y’a aussi à Samain quelques petites traditions toutes particulières, comme les bougies apportées par chacun d’entre nous pour rappeler le feu des druides.  Il y’en a d’autres encore dont nous ne vous parlerons pas ici. Il faudra que vous deveniez l’un des nôtres pour en savoir plus.

Au bilan final de ce week-end ? Beaucoup de plaisir et d’émotions. Une occasion de se débarrasser de nos vieux fardeaux pour repartir pour une nouvelle année (celtique) sur de bonnes bases saines.

Et pour votre information : la fête de Samain commence 3 jours avant le 1er novembre et s’achève 3 jours après. Restez vigilants et exemplaires encore un moment.

Joyeux Samain à tous.

Qui sont les Gardes? Épisode 2

Aurélie Zürcher

Vous ne connaissez pas les Gardes? Nous allons vous les présenter.

Et pour ce second entretien, partons à le rencontre d’Aurélie, qui portera à vos oreilles et vos yeux, de merveilleux contes qui vous feront voyager dans des mondes incroyables.

Herault :Salut Aurélie.Peux-tu me dire depuis combien de temps tu es membre de la Garde et comment ton chemin t’as amené dans cette voie?

Aurélie : Bonne question ?… alors en 2013 (après avoir regardé sur le site héhé).Je me suis retrouvée sur le tournage de Sombrebois après avoir suivi Laurent, qui avait participé à quelques entraînements grâce à René. Quelle activité, pour une première! Je dois dire que Laurent m’avait un peu poussé à y participer…et je ne l’ai pas regretté. Costumes, rigolades, feu de bois & de belles rencontres…wahou!

Hérault: Ce tournage t’a-t-il donné une image précise de la Garde et de ce que tu voulais y faire? Comment as-tu découvert les autres activités ?

Aurélie: Je n’ai pas vraiment eu d’image précise de la garde à ce moment-là, mais j’ai plutôt ressenti son énergie, son ambiance,… J’ai découvert les activités de la garde plus tard, à force de participer aux fêtes médiévales et aux activités. J’ai commencé par participer à un entraînement d’épée, mais c’est le tir à l’arc qui m’a rapidement attiré. Puis, j’ai participé à un petit atelier théâtre animé par Gaëlle, c’est elle qui m’a soufflé l’idée des contes. J’ai aussi fait partie de la première équipe cuisine (en ajoutant des ingrédients à l’oeil avec David dans le dos d’Alexandre qui suivait scrupuleusement la recette…et en ne pouvant pas servir les tartes aux fruits envahies de fourmis ?).

Herault: est-ce que les contes que tu raconte sont…. conventionnels?

Aurélie : Je dirais que les contes le sont, dans le sens où ils suivent la trame du conte…. mais il y a des intervenants, qui jouent certains personnages du conte, qui le rendent bien moins « conventionnel »! Ils interviennent à chaque fois d’une manière différente: c’est presque chaque fois une surprise et le conte (et la conteuse) doivent alors rebondir. Le conte prend alors une tournure différentes à chaque représentation avec un saucisson magique (à la place d’une pierre), un chevalier qui sort d’un buisson et les innombrables jeux de mots.Bref on garde l’univers du conte, avec une touche que seuls les gardes peuvent donner.

Hérault : Comment vois-tu la Garde pour les années à venir ? Et que dirais-tu à quelqu’un pour le convaincre de se joindre à nous?

Aurélie: J’ai du réfléchir un moment pour pouvoir y répondre… Je dirais une garde qui se construit sur les bases « simples » qui nous rassemblent tous. Je pense souvent à la fête de Samaïn: une petite cabane sans confort, où on se serre un peu pour que chacun ait une place, un feu, les bougies sur le bord de la fenêtre…rien d’incroyable en soi, mais l’empreinte de la garde y ressort particulièrement. En tous cas, l’empreinte que j’affectionne personnellement ;-)Pour la 2e question, je dirais juste: viens essayer, découvrir les activités que l’on propose, rencontrer les gardes…Rien d’autre. Je préfère que la personne découvre notre troupe par elle-même. A elle de voir si cela lui correspond.

Une Ère de Transformation

Amis et Proches de la Garde du Mont-Gibloux,

Certains le savent peut-être déjà, notre Association est à un tournant de son histoire.
Après 13 ans d’existence, et le passage de très nombreuses personnes de valeur dans nos rangs, une profonde mutation a commencé.

Alors qu’à la création de la Garde, nous n’étions qu’une poignée, jeunes et déterminés, notre nombre a considérablement augmenté.
Bien que nous ayons frôlé les 50 membres, la vie de beaucoup d’entre nous a elle aussi évolué.
Vie de famille, vie professionnelle, déménagements…. Tous ces éléments accumulés ont fait que la capacité d’investissement de chacun a été bien chamboulée.

Ces différences de disponibilité ont toujours existé au sein de la Garde, tout comme elles existent dans toute association ou club sportif. Mais avec le temps, le fossé s’est creusé et est devenu plus difficile à supporter au quotidien et dans l’organisation de nos activités.
Après quelques situations tendues et des assemblées très animées et très émotionnelles, des mesures ont été mises en place pour tenter d’apaiser les esprits. Nous étions conscients cependant que les divergences d’objectifs qui existaient entre les gens seraient difficiles à concilier à long terme.

Pour cette raison, l’assemblée générale, bien que s’étant prononcée en faveur de la continuation, s’est également engagée à offrir son soutien à tout groupe de membres souhaitant construire une nouvelle association avec des buts et objectifs qui seraient plus en phase avec leurs besoins et aspirations.

C’est donc dans l’esprit de cet engagement qu’un groupe de Gardes du Mont-Gibloux a pris la décision de fonder « L’Âme de la Forge ». Cette nouvelle association est née le 1er août 2023 sur la face Nord du Mont-Gibloux et elle s’apprête à faire partie intégrante du monde médiéval de notre région.
Nous ne pouvons que vous encourager à aller à leur rencontre et faire connaissance avec leurs membres et leur buts.
Nul doute que chaque médiéviste trouvera chaussure à son pied dans la diversité des troupes désormais existantes dans notre région.

Et la Garde?
Elle va continuer son chemin. On ne peut nier que celui-ci sera forcément différent.
Il n’est pas impossible que notre calendrier et nos activités évoluent un peu en conséquence.
Mais nos priorités sont claires.
Pas le prestige.
Pas la réputation.
Pas l’apparence.
Mais les Gardes du Mont-Gibloux.
Et leur plaisir lors de nos activités.

« Pour être heureux dans la vie, il faut simplement laisser venir ce qui vient, et laisser partir ce qui s’en va. »

Paulo Coelho

Saint-Ursanne, ou Les Folles Aventures et Mésaventures de la Garde du Mont-Gibloux 7, 8 & 9 juillet  2023

Une Médiévale pas comme les autres

C’est peut-être la fête Médiévale la plus importante de Suisse. C’était en tout les cas l’évènement le plus attendu par les Gardes du Mont-Gibloux.

Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’en terme de rebondissements, cette expédition aura été l’une des plus mémorables que la Garde du Mont-Gibloux aura connu en 13 ans d’existence.

Tout commença jeudi soir 6 juillet, par le chargement de la superbe camionnette de location que notre responsable évènementiel nous avait organisé pour l’occasion. La Garde n’avait pas l’habitude de tant de place, mais il faut bien avouer que cette option fût confortable. Nous ne savions pas encore alors, que Murphy allait nous faire payer cher notre quête de la facilité. Mais cette histoire viendra plus tard.

Le lendemain, c’est plein d’attentes et de fougue que les Gardes les plus hardis (en fait, ceux qui ont réussi à prendre congé) se sont réunis aux différents points de ralliement pour s’embarquer ensuite pour 2 heures de convoi jusque dans le Jurrrra.

Après avoir tristement manqué le restauroute du Grauholz pour finalement faire une pause sur une aire de repos sans machine à café, nous arrivâmes alors à Saint-Ursanne, se sentant tels de fiers guerriers venant au secours de la veuve et de l’orphelin. Peut-être avions-nous oublié un peu vite qu’il restait un campement à monter.

On pourra dire sans nul doute que le montage fut rondement mené et efficace. Nous eûmes alors un petit aperçu des conditions climatiques qui allaient nous accompagner le week-end durant. Sans attendre, Nous dégainâmes les tubes de crème solaire et les maillots de bains pour tenter de supporter au mieux l’agressivité de ce cher Soleil dont nous avons l’habitude de pleurer l’absence dans d’autres fêtes.

On notera pour l’anecdote un sympathique orage dans la nuit de vendredi à samedi, qui n’aura endommagé que la qualité de notre sommeil. – Eh bien ! Heureusement que ça arrive au début de la fête et pas à la fin !- Ah oui ? Nous verrons ça.

La fête s’est ouverte et les choses sérieuses ont commencé. Les organisateurs de la fête Médiévale de Saint-Ursanne nous avaient laissé une grande souplesse dans la gestion de nos activités. Aussi nous avions à cœur de ne pas les décevoir. Les défilés des Gardes s’enchainèrent durant tous le week-end, agrémentés de combats, de danse et de feu. Nous devions nous surpasser, car le public était bouillant.

Le campement de la Garde n’était pas en retard, d’ailleurs. Car s’il était un peu décentré de la ville, cela n’a pas empêché la populace de trouver le chemin. « Vous devez avoir chaud », dirent-ils en mangeant leur sorbet. Merci pour le scoop chers visiteurs. Que diriez-vous d’une petite joute amicale à la bâtarde ? Le gagnant mange la glace.

Je plaisante. Vous fûtes un public formidable, et les échanges avec vous étaient un plaisir.

L’équipe cuisine a régalé les papilles des visiteurs et des Gardes avec des recettes succulentes en démonstration. Il faut en vouloir pour allumer un feu par des températures pareilles. Mais nos cuistots sont des machines de guerre.

La laine fut lavée, cardée et filée pour enrichir les connaissance d’un public avide de savoir.

Et ainsi le week-end s’écoula, heures après heures, minutes après minutes, litres de sueur après litres de sueur. Le ballet des Gardes du Mont-Gibloux vers le Doubs pour se rafraichir laisse penser que les poissons ont probablement pris un accent Fribourgeois depuis lors… Mais c’était une étape indispensable pour tenir la distance des animations et des démonstrations.

Samedi soir, devait se tenir le traditionnel défilé aux flambeaux. Un moment toujours spécial, qui commence habituellement en retard. 2023 ne fit pas exception. L’intervention d’une ambulance sur la fête augmenta encore le phénomène. Aussi, les équipes sur places nous informèrent que « d’habitude on est en retard, mais là ce sera pire ». Cependant, l’attente en valait la chandelle. De mémoire de Garde, jamais notre équipe pyrotechnique n’a offert aux visiteurs un spectacle aussi grandiose. Tous les Gardes présents se sont impliqués pour soutenir les cracheurs et jongleurs avec un système de ravitaillement tellement efficace, que le stock de pétrole fut épuisé au ¾ du parcours. Si bien que les photos qui furent publiées sur les réseaux dans les heures qui suivirent firent la part belle à notre équipe d’artistes.

La journée de dimanche fut caniculaire et un tout petit peu moins fréquentée. Cela n’enleva en rien le plaisir de se produire aussi souvent que possible. Nous sentions avec un peu de tristesse arriver l’heure de la fin, mais nous avions eu l’occasion de remplir notre sac à souvenirs sans retenue.

C’est alors que les choses se gâtèrent.

La descente aux enfers…

… et je ne parle pas du charmant petit village Jurassien qui porte ce nom (Les Enfers)

Alors que l’heure H où nous étions en droit d’entamer le démontage approchait à grand pas, la loi de Murphy décida de venir nous rappeler à son bon souvenir.

Après avoir passé toute une fête à des températures caniculaires, il semble que notre destin était de se faire cordialement rincer par la pluie 5 min avant l’heure de démontage prévue. Ainsi, la plupart de nos toiles furent absolument détrempées et nous dûmes alors activer le plan « séchage ».

L’agriculteur qui nous a gracieusement proposé d’utiliser ses locaux dans ce but nous rappela en passant que « vous auriez peut-être dû aller à la messe de dimanche matin ».  Il ne croyait pas si bien dire.

Qu’importe, il en faut plus pour décourager un Garde du Mont-Gibloux. Démontage et chargement, tout s’est enchaîné avec pas mal d’efficacité et quelques coups de gueules. Les Gardes peuvent aussi perdre patience avec la fatigue, mais fort heureusement, ils savent rester malgré tout soudés.

Enfin les véhicules furent chargés et un sentiment de libération régnait alors.

« Hey cette fois on s’arrêtera au GrauHolz, hein ? hahaha »

Parfois, l’humour des Gardes va trop loin.

Une heure de route plus tard, une alerte moteur pousse le convoi à l’arrêt…. Au Grauholz. On a un mécano dans l’équipe. Pas d’inquiétude, il va trouver le problème.

Le trouver ? oui. Le réparer ? ah ben il va falloir changer la pièce. Le TCS est appelé, l’attente commence.

« Ouf qu’on est au GrauHolz, on va pouvoir manger un truc ».

Certes, mais pas trop longtemps car contre toute attente, le TCS arrivera bien vite pour nous aider. Changement de la pièce, redémarrage du moteur. Tout roule, on charge les gens et on y croit ! Justine écrira même un message avec des feu d’artifice « on est reparti ! ».

C’était sans compter sur Murphy et son infatigable ténacité. Quelques kilomètres à peine, et voilà à nouveau le moteur qui lâche. Sur la bande d’arrêt d’urgence cette fois. Pas de réparation possible, il faudra remorquer.

Ça commence à faire beaucoup pour des Gardes déjà éprouvés par un week-end monstrueux. Des coups de téléphone dans tous les sens. L’agriculteur qui confirme que « vous auriez VRAIMENT dû aller à la Messe ». Des Gardes qui viennent depuis un peu partout pour porter secours au malheureux convoi…. Un énorme engagement fût nécessaire pour offrir aux gens la possibilité d’un peu de repos. Car si la troupe est Fribourgeoise, plusieurs de nos courageux guerriers viennent du Valais et l’heure de leur retour fut proprement indécente.

Séchage improvisé

J’aimerais remercier avec une intensité inédite cette équipe qui a traversé chacun des cercles de l’enfer pour que le matériel et les Gardes soient préservés au mieux qu’il est possible.

Kitty qui a fait chauffeur-Interprète. Mick qui a considérablement fait gagner du temps au TCS grâce à ses compétences mécaniques. Gaëtan qui a veillé à la sécurité de chacun, Hugo qui a porté son rôle de chef mat sans faillir jusqu’au bout, Rachel qui s’est efforcé de tenir debout des Gardes au bout du rouleau, Justine qui a fait de la coordination téléphonique pour organiser autant que possible ce chaos, mais aussi tous ceux qui ont porté, transpiré, pleuré et hurlé avec eux pour qu’on puisse finalement s’en sortir.

Merci aussi à ceux qui ont soutenu le démontage alors qu’ils n’y étaient pas inscrits, ainsi qu’à leur conjoints et familles qui ont consenti à nous les prêter encore un petit peu…

Mention spéciale aussi à Natacha, qui est venu avec son ami pour récupérer nos pauvres bougres, ainsi que Maxime qui est revenu en arrière en renonçant à du sommeil bien mérité. Merci encore à Samuel et Elodie qui se sont rendus disponibles en cas de besoin.

Le destin ne nous a pas épargné, et la cohésion des Gardes du Mont-Gibloux a été contrainte de démontrer sa résistance. Il ne nous reste plus qu’à espérer que les prochaines expéditions seront plus clémentes.

Arconciel. Retour aux Sources pour la Garde du Mont-Gibloux. 1er juillet 2023

« Retour à Arconciel »

La Garde du Mont-Gibloux a un lien particulier avec Arconciel.

C’est un village qui l’a vu naître et grandir.Les forêts de Monternau et Monténan ont résonnés du son de nos lames et les ruines du Bourg en Gotalla également.

Si nos pérégrinations nous ont parfois emmené par Monts et par Vaux, y revenir nous semblait une évidence et l’invitation de la fabuleuse association Arconciacum ne pouvait être déclinée.

Cette Association prend soin du site historique qui n’est que trop méconnu. Elle fait redecouvrir un pan d’histoire oublié où Arconciel était un acteur majeure de la région.

La fête qui s’est déroulée sur la Place de l’Arche fut somptueuse, à l’image du travail fou des membres de cette Association.

Aux démonstrations d’escrime et de combat historique, on peut encore ajouter musique, archerie et contes, que même la pluie n’a pu ni chasser, ni décourager.

Les enfants du village et des environs ont désormais de bonnes bases à l’épée bâtarde, et sont prêts pour prendre le flambeau et à nouveau tenir le Fort.

Litha & « La Marque de la Couronne »

Litha est une occasion pour les Gardes de se réunir au Bois du Cerf.

Pour ceux qui ne connaissent pas Litha, il s’agit d’ une fête traditionnelle païenne. C’est un jour de grande importance pour les cultures qui vénéraient le Soleil, car c’est le jour le plus long de l’année.

On peut faire le parallèle avec la Saint-Jean dans le Christianisme, qui célèbre le renouveau.

En 2021, quand la Garde a pris ses quartiers pour la 1ère fois au Bois du Cerf, cette fête a été choisie pour marquer l’évènement et demander une « bénédiction » à Cernunnos, dieu celte des forêts et de la nature, pour occuper cet espace.

Ainsi, un campement fût monté et une cérémonie organisée. Un tournoi de tir à l’arc appelé « La Marque de la Couronne » a également vu le jour à cette occasion.

En 2023, la Garde s’est montré fidèle à son engagement.

Cernunnos lui-même est venu

La cérémonie a bien eu lieu, Cernunnos est venu nous jauger, nous peser, nous mesurer… Et nous a donné pour une année encore la permission de rester. La présence du Gardien aura aidé à démontrer notre détermination et notre solidité face aux tempêtes.

De son côté, l’équipe Cuisine a brillé à nouveau, en nous préparant un repas succulent qui a été partagé à la lueur des bougies et des derniers rayons du Soleil, bien présent lui aussi.

La Marque de la Couronne s’est déroulé paisiblement sur toute la durée de la journée. Chaque archer a pu tirer à son rythme et c’est Claude qui a montré le plus d’adresse et de précision. Il ramène donc le trophée à la maison.

Claude, vainqueur de la Marque de la Couronne

D’aucun diront que ce n’était pas le jour J… Et à raison, car Litha tombe normalement le 21 juin. Et bien Cernunnos ne nous a pas boudé pour autant. Il sait que même si les Gardes sont sollicités et engagés à fond dans leur vie « moderne » et professionnelle, ils persisteront à protéger la Garde et le Bois du Cerf, qui sont des refuges face aux assauts du quotidien.

Et que les quelques malandrins et malveillants qui trouvent amusant de régulièrement venir polluer cet endroit s’en souviennent:

La Garde plie. Mais ne rompt pas.

L’Archerie du Mont-Gibloux

Depuis sa création en 2010, il y’a eu de tout temps des archers dans la Garde du Mont-Gibloux.

Et si les conditions le permettent, nous aimons à emmener notre matériel avec nous lors des fêtes.

Mais l’histoire de l’archerie de compétition au sein de la troupe a commencé en 2014, avec la création du Tournoi du Grand Cerf Blanc. Le but était de réunir les archers de différentes troupes en Suisse Romande afin de partager une journée de compétition et de festivités.

Tournoi du Grand Cerf Blanc 2019

Cette toute première édition fut couronnée par la victoire de Maxime Schaller pour La Garde. La machine était lancée, et l’archerie n’allait plus cesser de grandir.

Tournoi du Loup 2022

2 ans plus tard, en 2016, est créé le Tournoi du Loup, sous l’impulsion du Connétable Claude Dupasquier. Compétition hivernale, dernière activité avant le nouvel-an, il restera dans l’esprit des gens comme un des tournois aux conditions les plus rudes.

La même année, et par le même instigateur, le Championnat du Faon va voir le jour. Une compétition interne sur toute l’année qui se déroule en plusieurs passes. Claude remportera cette première édition.

Mais ce n’est pas tout !

Dès 2022, le Faon se voit enrichir d’une nouvelle catégorie.

Ainsi, le « Faon » sera consacré au style de visée dit «Barebow » et le « Hère » va lui ajouter le tir « Instinctif ».

Un programme plutôt bien rempli, n’est-ce pas?

Et pourtant, il reste encore une compétition interne, appelée « la Marque de la Couronne ». Celle-ci se déroule lors de la fête celte de Litha, en juin. La Garde célèbre cet évènement depuis 2021.

Ces différents évènements et compétitions ont tous évolués de façon différente.

Alors que les compétitions internes comme la Faon et la Couronne évoluent petit à petit au gré des nouveaux ajouts de règle et de variantes, le Tournoi du Loup a gardé ses bases et ses fidèles et même au cœur des hivers les plus froids, il continue de rassembler les plus hardis dans la rigueur et les capes en laine.

De son côté, le Tournoi du Grand Cerf Blanc a considérablement évolué. Attirant de plus en plus de troupes dans son giron, il a été décidé fin 2017 que le Tournoi devait prendre son autonomie. Ainsi a été fondée la Fédération du Grand Cerf Blanc, qui s’occupe de gérer administrativement l’organisation du tournoi et qui se compose de membres venant de différentes troupes. Luc Grossenbacher en sera le 1er Président.


Si on fait le Bilan :

Le Tournoi du Grand Cerf Blanc a eu 8 éditions dont 7 ont été remportées par la Garde et 1 par l’Association Médiévale Boyarde ( Marc Wulf).

Les Champions de la Garde sont :

Maxime Schaller (1x)

Jacques Dupasquier (1x)

Luc Grossenbacher (1x)

Claude Dupasquier (4x)

Le Tournoi du Loup a eu 6 éditions et autant de vainqueurs :

2016 : Claude Dupasquier

2017 : Claude Dupasquier

2018 : Luc Grossenbacher

2019 : Claude Dupasquier

2021 : Claude Dupasquier

2022 : Frederic Bodmer Duc

Le Championnat du Faon a eu lieu tous les ans depuis 2016

Les vainqueurs sont :

2016 : Claude Dupasquier

2017 : Luc Grossenbacher

2018 : Frederic Bodmer Duc

2019 : Frederic Bodmer Duc

2020 : Claude Dupasquier

2021 : Claude Dupasquier

2022 : Claude Dupasquier

Le Championnat du Hère a commencé en 2022

Il a été remporté par : Claude Dupasquier

La Marque de La Couronne a été disputé à 2 reprises.