Tous les articles par Hérault

Tournoi du Grand Cerf Blanc – Des Archers en mode « Préparation » – 4

Noël Marguelisch

La Garde va envoyer bien des concurrents cette année. Et on vous les présente l’un après l’autre avec aujourd’hui Noël, un habitué du Tournoi et un adversaire redoutable.

Hérault: Salut Noël. Comment te sens-tu alors qu’il reste 2 mois de préparation avant le tournoi?

Noël: Aucun stress , je tire à l’arc pour le Plaisir . L’important pour moi est de partager du bon temps avec d’autres passionnés de tir à L’arc médiéval.

Hérault : Ce n’est pas ta première participation au tournoi. Mais sous les couleurs de la Garde oui. Est-ce que ça change ta façon d’aborder la compétition ?

Noël: A la dernière édition j ai fini 2ème . Je vais essayer de faire du mieux possible avec le peu d entraînement ( vu la météo peu propice cette année ) pour faire honneur à la garde mais toujours sans stress… Il faut garder le plaisir du partage .

Hérault: Il n’est pas toujours facile d’encourager le public à venir au tournoi. Qu’aimerais-tu leur dire pour leur donner envie?

Noël: Pour les membres de la Garde , venez nous soutenir par votre présence et passer un bon moment de convivialité. Et pour les autres médiévistes ou pas , venez découvrir le tir à l’arc médiéval dans une compétition bonne enfant et dans ambiance agréable . On vous attend tous!

Hérault : Autre chose?

Noël: J’aimerais remercier La Garde du Mont Gibloux de m’avoir accepté dans leur troupe.

Hérault: Nous sommes très contents de t’avoir avec nous. Et sous nos couleurs pour ce tournoi de haut niveau.

Tournoi du Grand Cerf Blanc – Des Archers en mode « Préparation » – 3

Aurélie Zürcher

Pour cette 3eme Interview des Gardes qui seront en lice au Tournoi du Grand Cerf Blanc, intéressons-nous à Aurélie, fraîchement de retour à la compétition.

Hérault: Salut Aurélie. Comment te sens-tu alors qu’il reste 2 mois de préparation avant le tournoi?

Aurélie: Tout à fait zen! J’ai juste du plaisir à y participer et à retoucher mon arc qui prenait de la poussière.

Hérault: Si je me souviens bien, tu as déjà touché au sommet de la compétition par le passé. Et pourtant je sens que tu abordes ce retour sans pression aucune. Comment fais-tu ?

Aurélie : Hé oui, c’est vrai! C’était une période où je m’entrainais régulièrement 😉 Mais même si c’est agréable et gratifiant de gagner, ça n’a jamais été le plus important à mes yeux. Le côté amical et convivial l’emporte largement, c’est lui le grand gagnant du tournoi.

Hérault: Si tu devais convaincre quelqu’un qui ne connais pas le tournoi de venir y assister… tu lui dirais quoi?

Aurélie : Il y a toujours une belle ambiance et plein de personnes sympa! Qu’on soit tireur ou visiteur!

La Tour de la Molière – 6 Juillet 2024

« Il ne faut pas s’embarquer sans biscuits »

Proverbe Québécois

La Tour de la Molière est sise à Murist, près d’Estavayer-le-Lac.Nous devions à l’origine y aller il y’a quelques années, mais un facétieux virus en décida autrement.

Mais comme l’Association des Amis de La Tour de la Molière sont des gens tenaces, et bien nous aussi!

Dès l’annonce de l’événement, nous étions fébriles et impatients. Et puis ils nous ont dit « vous serez la seule troupe ».

Là on a moins rit. « Nous tous seuls?….. vous êtes sûrs? »

« Mais oui mais oui » dirent-ils en souriant.

Bon ben plus le choix. On recule pas. On a bien senti la pression quand même au moment des inscriptions en espérant avoir réussi à mobiliser les Gardes.

Et bien ce fut une réussite.

Et la promesse d’un week-end fort en animations, cuisines, frappe de monnaie, contes, et soleil…. ou presque. Sur ce dernier point, l’humour de la météo aura eu de la peine à se renouveler.

Oh quelle surprise! Ils annoncent de la pluie. Ha ha ha. Mort de rire.

Qu’importe moussaillons! La mise en place de la fête fut rapide et efficace. Peut-être parce que nous n’avons pas eu à négocier les emplacements des tendeurs avec les autres troupes.Non je plaisante. Une super équipe de Gardes qui peuvent faire ça les yeux fermés.

Un campement. Une cuisine de démonstration. Des fileuses. Une conteuse. Des biscuits cramés. Des pièces de monnaies frappées pour le plus grand plaisir des oreilles du caissier et de la sympathique équipe de radio qui etait présente.

Mais pas que!

Des combattants toujours affûtés et des archers qui partagent leurs connaissances avec les visiteurs.Le tableau était complet.

Fort heureusement, la pluie a eu la bienveillance d’attendre 17h avant de se manifester. Tout le monde a pu profiter de cette journée et ça n’a pas gâché les festivités.

Dès le lendemain, le démontage eu lieu et le casse-tête séchage dans la foulée. Casse-tête ? Le mot est faible. Beaucoup de bâches requièrent beaucoup de surface. Un agriculteur que nous avons déjà maintes fois sollicité nous aura sauvé la mise et permis de sécher notre matériel dans ses locaux. Avec une technique que la SUVA ne me permet pas de vous partager.

Tout est bien qui finit bien!

« Ouais mais demain y’a le passeport Vacances »

Bon ben on dormira une autre fois…

Tournoi Du Grand Cerf Blanc 2024 – Des Archers en mode « Préparation » – 2

Yannick Stäuble

La présentation des Gardes en lice pour le tournoi continue. Cette semaine, Yannick nous explique ce que représente cette compétition qui se déroule tout près de chez lui.

Hérault: Salut Yannick. Comment te sens-tu alors qu’il reste moins de 3 mois de préparation avant le tournoi?

Yannick: Plutôt calme pour l’instant, avec un brin d’excitation quand même, c’est mon premier concours de tir à l’arc. Je ne sais pas encore trop à quoi m’attendre donc je vais me laisser porter et voir ce qu’il en ressort. J’arrive sans enjeux, pour le plaisir avant tout. J’ai pu déjà poser mes bases en entraînement l’année dernière en participant au tournoi du Faon. J’en tire un retour positif et c’est motivant pour la suite. Ca me conforte dans mon envie de m’aligner sur le pas de tir aux côtés des autres Gardes forts d’expériences et de rencontrer d’autres adeptes.

Hérault: Cette année le tournoi a lieu en Valais. C’est un peu ton terrain. Est-ce que cela change quelque chose pour toi?

Yannick: Habitant Lavey et travaillant à Evionnaz de ce côté-là en effet je ne serai pas dépaysé. J’aurais un peu de répit sur des aspects comme la logistique et je pourrais me donner à fond sur la compétition. Local de l’étape mais nouveau challenger, voilà qui peut donner une combinaison intéressante. Dans tous les cas je m’en réjouis. Ceci dit il me faudra encore quelques sessions d’entrainement en terre fribourgeoise pour être prêt.

Hérault: Mais du coup…. tu sais tirer dans des conditions de vent…. »Valaisan »?

Yannick: Ça c est trop tôt pour le dire. (Rire)

Hérault: Si tu devais convaincre quelqu’un qui ne connais pas le tournoi de venir y assister…. tu lui dirais quoi?

Yannick: En me basant avant tout sur la présence de mes compagnons Gardes (ne connaissant pas les autres intervenants), je sais que ce sera un beau moment de partage comme on sait bien le faire et à nul doute un bon moment de rigolade et de camaraderie.Et puis moi non plus j’y suis jamais allé et pourtant… je vais me retrouver a chasser le jaune du centre de la cible devant les autres alors hein pas d’excuses.

Tournoi Du Grand Cerf Blanc 2024 – Des Archers en mode « Préparation » – 1

Laurent « Kitty » Kittel

La Garde se rend en Valais le 15 septembre pour participer au Tournoi Du Grand Cerf Blanc et tenter de reconquérir son titre. Nous allons prendre la température de nos compétiteurs en commençant aujourd’hui par Kitty, qui va nous partager ses impressions et tenter de faire naître en vous l’envie de nous accompagner.

Hérault: Salut Kitty. Comment te sens-tu alors qu’il reste 3 mois de préparation avant le tournoi?

Kitty: Serein. Il s’agit tout simplement d’un tournoi où les retrouvailles amicales prônent en ce qui me concerne. Le reste est semblable à un jeu de société. Et donc, du partage.

Cela ne sous-entends pas donner peu d’importance au Grand Cerf Blanc, bien au contraire. Il en va de soit que comme pour tout dans la vie, il faut viser l’excellence (sans jeu de mots).

Hérault: Est-ce que tu t’es fixé des objectifs? Que ça soit sur le plan sportif ou bien personnel?

Kitty: Ma résolution de venir plus souvent au terrain d’entraînement de la Garde date depuis longtemps. Soyons honnête, c’est un « fumble » critique. Bien des obligations de la vie me rattrapent et me contraignent à devoir y renoncer. Cependant, il ne tient qu’à moi de changer mes habitudes pour y parvenir !

Ceci étant dit, je me souviens des tournois « à l’interne » durant lesquels je m’étais également jamais entraîné. Et pourtant, je suis arrivé sur le podium plus d’une fois, malgré la présence d’archers redoutables inscrits dans la même compétition.

J’espère que ce que je vais déclarer maintenant saura préserver au mieux mon humilité, mais dès que je saisi une épée ou un arc, il se passe toujours quelque chose d’unique…

Un instinct… de la magie… un héritage ancestral… vous pouvez appeler cela comme vous le souhaitez.

Hérault: Si tu devais convaincre quelqu’un qui ne connais pas le tournoi de venir y assister…. tu lui dirais quoi?

Kitty: Avec mon espadon, je peux convaincre n’importe qui à n’importe quoi !

Non, sérieusement. Pour quelqu’un qui est novice dans l’archerie, je l’inviterais à s’inscrire quand même, avec aucun objectif en tête. Si ce n’est de profiter de pouvoir décocher des flèches, entouré de passionnés. Et de pouvoir déguster une bonne cuisine !

Et pour les spectateurs… il existe la Fifa, la Formule 1… alors pourquoi pas assister au Tournoi du Grand Cerf Blanc ?

Surtout si c’est pour le partager avec des proches 🙂

La Bâtiaz, du vent dans les voiles. Des larmes dans les yeux.

« Les larmes sont une musique silencieuse qui expriment l’inexprimable. »

Khalil Gibran

Il est des histoires qu’il est plus aisé à conter que d’autres.

Il est des aventures qui se terminent moins bien qu’elles n’ont commencé et dont on revient moins nombreux qu’espéré.

La Batiaz est de celles-là.

Il était une fois une troupe de joyeux Gardes du Mont-Gibloux qui se mirent en tête d’aller à nouveau en Valais profond pour défier les vagues et les bourrasques de la Bâtiaz.

« On a survécu les deux dernières fois, on va pas se laisser effrayer! ».

Un matelot n’a jamais peur. Mais la témérité ne paye pas toujours.

Nous arrivâmes alors fringants et confiants à Martigny et sur sa noble colline pour planter notre campement. Derniers arrivés, il nous fallu comme première épreuve, effectuer un slalom géant entre les tendeurs et les piquets pour atteindre notre petit terrain. Petit?

« Ah ouais c’est petit » nous nous exclamâmes alors tous les uns après les autres. Il y’a de l’écho en Valais.

Qu’importe ! Montons notre chapiteau!

Ses 3 mâts, sa voilure, ses poteaux et ses murs… « ils sont bizarres les murs! »

Grand silence sur le pont.

« Je reviens » dit notre contremaître qui ne réapparu avec son second que 2 heures plus tard… avec les bons murs et ayant raté les 2 premiers apéros.

« Oh ça va, c’est pas bien grave. Elle est pas si terrible cette aventure »

Attendez, jeunes impatients. Ça vient.

La première soirée fût festive et douce. Elle nous posa les fondations d’un week-end de volupté et de satisfactions. La nuit nous mordit de froid, mais sans affaiblir notre détermination.

Une fois le matin levé, nulle ombre au tableau. Un défilé organisé aux petits oignons. (Sauf pour la police de Martigny qui avait été invitée 30 min trop tard.)

Le repas fut succulent et les Gardes du Mont-Gibloux plus pimpants que jamais à l’entame de ce week-end de pur bonheur.

Des combats, de la danse, de la déambulation, et… du vent.

Alors que l’on commençait à sentir le poids de la journée peser, le foehn décida de s’inviter à la fête. Et pas qu’à moitié.

Dès cet instant et jusqu’au cœur de la nuit, la vie de la Garde fut l’esclave des caprices de la houle.

Notre chapiteau fût durement touché à plusieurs reprises, et les efforts et l’ingéniosité des Gardes fût la seule chose qui l’empêcha d’être totalement couché par la tempête. Sans éviter hélas une cruelle déchirure.

Le moral et les heures de sommeils en furent lourdement affectés. Alors que l’après-midi durant, tous avaient âprement œuvré à consolider la structure, le branle-bas fût invoqué de trop nombreuses fois jusque tard dans la nuit.

Dès les premiers signes de bourrasques, les Gardes assoupis se levaient et la taverne se vidait pour que chacun puisse s’accrocher à un tendeur et … y croire.

Ce sont des Gardes à bout de force qui se retrouveront le matin autour du café d’Hugo et des croissants de Noël et ne pourront que se féliciter des énormes efforts consentis et du résultat conquis. Le chapiteau avait tenu.

C’est alors que vint la pluie.

Jamais très forte, jamais battante. Mais toujours présente. Comme chaque année. Comme un rhume des foins que l’on croyait oublié.

Le temps maussade décida quelques Gardes en manque de confort de faire fi du destin et de se rendre en ville pour goûter au doux réconfort d’un petit déj au chaud -et en costume !- dans un tea-room plein de clients interloqués.

Nous étions en train de reprendre du poil de la bête. Le repas s’approchait. C’est alors qu’une épreuve des plus dure affecta avec fracas l’ensemble de la Bâtiaz. 

La musique se tût et les chants cessèrent. La nouvelle se répandit telle une sombre sentence. Un membre de cette grande famille, de cette grande fête, venait de s’éteindre. 

Je n’ai pas les mots adéquats pour vous partager dans ce simple texte la vague d’émotion qui recouvrit la Batiaz durant les heures qui suivirent.

Certains le connaissaient. D’autres non. Mais tous ont ressenti à ce moment une perte terrible et des images qui ne disparaîtront pas.

Les secours diront que tout a été fait et que chacune des personnes qui est intervenue, quelle que soit son implication a été merveilleuse et n’aurait pu en faire davantage.

Piètre réconfort. 

On avait tous envie d’arrêter à ce moment-là. Mais nous n’en avions pas le droit. Pas le droit parce que cela n’aurait pas fait honneur à ce camarade medieviste. Pas le droit car il y avait des enfants encore qui comptaient sur nous pour leur apporter de la joie.

C’est donc le cœur lourd mais la fougue entière que nous avons tout donné pour les dernières prestations de la journée. Comme si elles allaient les dernières de notre vie.

La fête s’est alors plus paisiblement achevée. Un nouvel accident sur la route nous fit remonter l’angoisse à peine retombée, mais fort heureusement les conséquences en furent moins douloureuses et les secours ramèneront avec eux un patient éprouvé mais sauf.

Je vais vous passer les détails de démontage et du rangement qui se passèrent au mieux et avec efficacité.

Je finirais cette histoire par un petit mot à destination de tout ceux que nous avons côtoyé durant ce week-end.

Nous avons traversé une tempête ensemble. Si notre équipage a la chance de revenir au complet, nous savons que ce n’est pas le cas de tous.

Nous aimerions ôter nos chapeaux et nos tricornes et les poser sur notre cœur pour vous chanter toute notre sympathie, à vous qui avez traversé ces moments cruels et douloureux. Nous aimerions poser une main appaisante sur l’épaule de chaque personne présente et qui rentrera chez elle avec le cœur blessé.

Nous aimerions aussi adresser de chaleureux remerciements aux organisateurs qui sont parvenu à garder le cap malgré toutes les épreuves.

Prenez soin de vous

« – Je ne croyais pas que ça finirait de cette manière.

– Finir ? Non, le voyage ne s’achève pas ici. La mort n’est qu’un autre chemin qu’il nous faut tous prendre. Le rideau de pluie grisâtre de ce monde s’ouvrira et tous sera brillant comme l’argent. Alors vous les verrez…

– Quoi Gandalf ? Voir quoi ?

– Les rivages blancs et au delà, la lointaine contrée verdoyante sous un fugace levé de soleil.

– Alors… ça ne va pas si mal ?

– Non, en effet. »

Le Seigneur des anneaux : le retour du roi, Pippin et Gandalf.

Marc Chassot: « Comment partager et transmettre la passion du tir à l’arc. »

« Bon ok, j’ai pas très bien tiré. Mais c’était pour la photo »

Marc Chassot est le Président de la Fédération du Grand Cerf Blanc, qui supervise l’organisation du Tournoi du même nom qui a lieu tous les ans. Mais c’est aussi et surtout un membre de la Garde et notre Maréchal de Tir à l’Arc. Dans ce « bref » article, il va nous partager sa vision du tir et de la transmission de ses connaissances.

« Je suis actuellement responsable du tir à l’arc médiéval dans le cadre de la Garde du Mont-Gibloux. Cette position est très intéressante et très enrichissante pour moi, elle me permet d’apprendre de nouvelles choses à chaque session de tir.

Bien sûr il y a les aspects logistiques à gérer (un grand merci à Hugo pour son aide précieuse) mais ce qui me plait le plus c’est de devoir comprendre autant la technique de tir que la manière de la transmettre aux autres pour qu’elle soit bien comprise.

Si on prend 5 minutes pour chercher, on trouve assez facilement des informations sur des sites internet décrivant la technique de tir en X étapes avec des explications très pointues et détaillées concernant les différents paramètres et positions. On pourrait simplement les mettre à disposition des tireurs et leur dire « article 22 : démerdes toi comme tu peux » mais si c’était si facile, on aurait déjà 4000 troupes de tir à l’arc médiéval rien que sur le canton de Fribourg.

Pourquoi ça ne fonctionne pas comme ça ? Parce que nous sommes des enfants, nous aimons jouer, nous aimons tester les choses, comprendre par nous-même, adapter nos techniques sur la base de constations que nous avons faites par nous-mêmes. Est-ce qu’une énigme est intéressante si on a la solution dès le début ? Non, ce qui est intéressant c’est d’essayer de la trouver nous-mêmes, avec peu voire pas d’indices et si possible mieux ou plus vite que les autres.

« Moins haut le coude! »

Fort de cette constatation, quand j’accompagne quelqu’un dans la pratique du tir à l’arc, j’essaie de ne pas lui communiquer d’informations qu’il n’a pas sollicitées ou dont il n’a pas (encore) besoin. Ce qui est important c’est de savoir doser l’interventionnisme.

Entre – tiens ton arc, vas te blesser tout seul dans la forêt – et – on va débuter ce séminaire de 15 jours de théorie sur le tir à l’arc- il y a largement plus que 50 nuances de pédagogie.

Pour quelqu’un qui n’a jamais tiré à l’arc, on va commencer par mettre en place les contraintes minimales pour assurer la sécurité avec quelques explications simples du style : « on garde toujours les flèches en direction de la cible », « si on ne tire pas, on reste derrière le tireur ou la ligne de tir », « en cas de doute, on s’arrête et on demande ». Puis on vérifie passivement ce que la personne fait et on n’intervient que s’il y a risque de blessure ou de grosse casse matérielle. Il ne faut pas considérer le fait de casser une flèche comme une casse matériel. Casser une flèche c’est payer le prix du savoir et de l’expérience. Il faut le conceptualiser comme le prix d’un ticket de cinéma, c’est un moyen, pas un but en soi. Bon après une séance de tir, ne jetez quand même pas vos flèches et dans tous les cas, ne dites pas que c’était mon idée !

Le plus important et le plus difficile quand on accompagne un tireur, c’est d’identifier ce dont il a besoin juste maintenant comme information pour avancer. Qu’est-ce qui est réellement déterminant maintenant pour obtenir une amélioration mesurable du plaisir ressenti par la personne dans le cadre de l’activité de tir à l’arc.

« La technique du tir à l’arc, c’est quelque chose d’assez flou »

Pour répondre à cette question, il faut d’abord comprendre la personne qui tir à l’arc. On pourrait être tenté de prodiguer des conseils pour que la personne améliore son score ou le groupage de ses flèches mais ce n’est pas forcément ce que la personne recherche en priorité. Pour commencer il faut donc s’intéresser à la démarche de la personne et à ses buts. On a peut-être à faire à une personne à qui un médecin a recommandé la pratique d’un sport pour rester en forme. Dans ce cas, une optimisation de la position devra passer avant l’optimisation du score.

Pour identifier les réels buts des tireurs, on va appliquer la méthode que j’appelle affectueusement « ferme ta gueule et écoute » parce que c’est évident qu’en parlant, vous n’allez rien apprendre. Vous savez déjà tout ce que vous savez, le redire une Xième fois à haute voix sans connaitre le contexte ne va pas faire avancer la situation mais aura seulement tendance à saouler les gens. Donc on écoute, pour de vrai, pas juste pour trouver comment rebondir pour impressionner les autres. On évite autant que possible les phrases qui commences par «Moi, je… »

Parfois, il n’y a rien à écouter ou à analyser, la personne passe un bon moment, découvre l’activité par elle-même, à son rythme. Si c’est le cas, n’allez surtout pas l’interrompre.

La plupart du temps après avoir tiré quelques dizaines de flèches, les gens vont spontanément venir vers vous avec une question concrète mais pas forcément formulée de manière « optimale » et c’est là que vos capacités de traducteur vont être mises à contribution. Voici quelques exemples :

« Mes flèches partent dans toutes les directions » = « Est-ce que tu peux me donner des bases pour obtenir une meilleure maitrise ?»

« C’est qui ce mec plein de cheveux? »

« Mes flèches partent toutes à gauche » = « Est-ce que tu peux me dire s’il y a quelque chose de faux dans ma technique »

Au passage on remarquera le côté « externalisation de la responsabilité » dans les phrases à traduire. En plaisantant j’aime bien dire et redire : « quand on est mauvais, on peut toujours accuser le matériel » et parfois je le fais également, sans m’en rendre compte !

Comment procéder maintenant que

1) Vous avez compris le but de la personne

2) Vous l’avez observée en train de tirer

3) Elle est venue vous voir pour vous demander de l’aide

Il faut dresser une liste mentale des détails que vous avez remarqué durant l’observation et qui selon vous font que la personne s’éloigne du « tir parfait ». Ensuite il faut les classifier en ordre décroissant d’importance et échafauder un plan en X étapes, clair et compréhensible pour corriger ces « défauts » et arriver en suivant une processus logique et itératif, à améliorer notablement la technique de tir de la personne.

Et pour faire ça, j’ai combien de temps ? Pas plus de 4 secondes, au risque de passer pour quelqu’un de mentalement lent dont on ne va pas suivre les conseils !!!?

Voilà, le cœur du problème est clairement identifié. Il ne reste plus qu’à le résoudre. Bien évidement vous aurez compris que l’entrainement, la pratique, l’expérience, l’échange actif avec les autres tireurs, tout ça fait que la tâche sera de moins en moins ardue et qu’à la fin, elle vous semblera peut-être même « facile » (ouais dans 500 ans peut-être).

Ce qu’il faut garder à l’esprit, c’est qu’il n’y a qu’une seule et unique technique qui fonctionnera tout le temps à coup sûr : écouter, chercher à identifier ce qui est déterminant, ce qui va être bien compris, ce qui sera accepté, s’adapter à la personne qu’on a en face de soi et se remettre en question autant que possible.

Parmi les gens qui vont venir tirer à l’arc avec vous, il y aura des profils différents : des scientifiques, des intuitifs, des émotifs … c’est réellement important d’adapter son discours pour chacun.

Au scientifique, on dira : « le départ de la flèche devra être aussi calme que possible, sinon la corde aura un mouvement de précession et transmettra une force biaisée à la flèche dont le vol sera turbulent avec les conséquences y attenantes en termes de précision et de groupage. »

A l’émotif on dira. « La flèche doit être un prolongement énergétique de ton bras et de ta volonté d’atteindre la cible, ferme les yeux, pense à ça, visualise-le, ne pense plus, le reste se fera tout seul »

Maintenant essayez d’inverser les 2 récipiendaires de ces conseils et FUYEZ PAUVRES FOUS !!! »

« Il ne faut pas tirer avec le soleil dans les yeux. Mais pour les photos ça va. »

Marché Médiéval, Viking & Fantastique 2024 – Fribourg

« J’ai Faim »

Le Dragon

2ème édition du Marché Médiéval de Arbor Living History. Avec l’expérience du premier, et les nouvelles fantaisies inéluctables de tout évènement Médiéval.

Audrey et Yann, les organisateurs, ont à nouveau fait appel à la Garde pour animer la fête et – surtout! – la caisse de l’entrée. Si le premier mot de passe fut « courgette », les suivants se sont enchaînés sans logique apparente.

Saurez-vous différencier ces 2 Gardes?

Nous avons participé également dès l’ouverture à un jeu des plus ludique: « Le téléphone arabe des directives impromptues ». Nous avons donc identifié les artisans en premier lieu par la tête du client (ou du vendeur), et ensuite par un bracelet qui n’a jamais existé, et finalement par une perle verte et jaune et « comment je fais si je suis daltonien? ». Suite à ça, nous avons payé les consignes de nos verres. Puis non. Puis de nouveau. Quand à l’utilisation de la scène, elle se fit tantôt en musique, ou sans musique, ou malgré la musique, avec micro, sans micro, avec micro fictif et en criant très fort. J’en rirais encore s’il me restait de la voix.

Je serais tenté de dire qu’il nous a fallu prendre nos marques, mais en réalité, on se sentait comme à la maison. Très vite, nous avons largement démontré aux visiteurs que nous n’allions pas leur rendre la vie facile, ni à l’entrée, ni durant leur séjour.

Alors que la matinée était largement dédiée à la mise en place d’une ambiance festive et à la présentation de notre matériel, sans mettre les doigts sur la lame, l’après-midi a été bien plus active en terme de spectacle.

Le conte animé aura succédé au combat et réciproquement pour le plaisir des petits et des grands. Avec les prestations d’autres groupes comme les Gardiens du Fleuve et l’ELAA, les visiteurs en auront eu plein les yeux.

Comme chaque fin de journée devenait un peu triste alors que le terme approchait, les organisateurs ont eu la brillante idée de recruter la Garde pour « escorter diplomatiquement » les gentils trainards vers la sortie à coup d’autolaveuse et de hurlements gutturaux.

Heureusement, tout est bien qui fini à l’apéro et ce Marché n’aura pas fait exception. Dans le respect des traditions les plus sacrées, comme la PLUIE, qui a eu la charmante gentillesse de nous accompagner ENCORE pour le rangement.

On ne change pas une équipe qui dégouline.

Campagne 2024

L’Histoire de ne se répète pas, mais ses rendez-vous se ressemblent »

Gabriel de Broglie

Voici les quelques Dates intéressantes où vous aurez l’occasion de croiser la Garde du Mont-Gibloux cette année. Attention ça commence fort le week-end prochain déjà! Vous trouverez plus d’informations pour chacun de ces évènements dans notre rubrique « calendrier »

9-10 Mars : Marché Médiéval, Viking et Fantastique de Fribourg

27-28 Avril: Fête Médiévale et Pirate de l’Eveil de la Bâtiaz – Martigny

6 Juillet: Fête Médiévale de la Tour de la Molière – Murist

21 septembre: Tournoi du Grand Cerf Blanc

Bien entendu, d’autres dates pourraient s’ajouter à cette liste durant l’année. Comptez sur nous pour vous en aviser promptement!

Conte de Noël du Mont-Gibloux

Il était une fois, dans un temps lointain qu’on appelait le Moyen-âge, un seigneur puissant et fort bien armé qui vivait sur les versans d’un Mont majestueux que l’on nommait le Mont-Gibloux. Ce seigneur avait pour nom Rufus.

Rufus possédait de nombreuses terres, et il passait beaucoup de son temps à légiférer pour ses sujets depuis son château, à Vaulruz. Cependant, lorsqu’il en avait l’occasion, il quittait sa charge et sa responsabilité et se cachant sous une grande cape de couleur forestière et en se parrant d’une paire de bois de cerf afin de parcourir ni vu ni connu, les sentiers de sa bien-aimée montagne.

Or, une année qui fut particulièrement dure, il décida qu’à Noël il n’utiliserait pas son trésor pour festoyer. Il donna congé à la majeure partie des Gardes de son château, et s’en alla pour une de ses promenades secrètes au cœur du Mont-Gibloux.

Mais, alors qu’il marchait depuis plusieures heures déjà, il tomba nez à nez avec un bûcheron qui le pris pour un cerf.
Rufus demanda alors « Pourquoi travail-tu encore alors que c’est Noël? Ne devrais-tu pas poser ta hache comme les autres et te reposer? »
Le bûcheron qui fut d’abord surpris de voir un cerf parler mais qui ne voulait pas être impoli répondit:
« Beau cervidé, je suis un travailleur, point un faignant. Je ne peux m’arrêter quand d’autres se reposent alors qu’il reste tant de travail. L’année a été difficile. Il reste beaucoup à faire »
Rufus répondit.
« Écoute-moi et si personne ne t’attends ce soir, rends-toi au Château de Vaulruz et attend ma venue. Il y aura là-bas un travail qui devrait te combler. Et si tu connais d’autres bourreaux de travail dans ton genre, n’ait crainte de les  y convier.
Le bûcheron, qui pensait toujours parler à un cerf – et on ne désobéit pas aux créatures magiques du Mont-Gibloux- mis sa hache sur son épaule et pris alors la route.

Un peu plus tard, Rufus arriva par hasard dans une petite bourgade fermière des plus miteuse. Les habitants sortirent de leur maison pour voir quel était cet étrange animal.
Rufus demande à haute voix:
« Ou est la joie et la festivité? Ou sont les décoration et les victuailles propres au temps des fêtes? »
Un homme qui paraissait être le chef du village répondit alors:
« Nous sommes pauvres, ami Cerf. Noël n’est pas un jour différent des autres pour nous. Nous n’avons qu’un peu de pain et d’eau et devrons nous en contenter. Nous n’avons que la solidarité pour nous tenir chaud »
Rufus retorqua:
« Écoutez-moi et si cet endroit n’a rien à vous offrir, rendez-vous au Château de Vaulruz et attend ma venue. Il y aura là-bas de quoi redonner un sens à votre vie. Et si vous connaissez d’autres misereux du même acabit, n’ayez crainte de les y convier.
Les Villageois, qui pensaient toujours parler à un cerf – et on ne désobéit pas aux créatures magiques du Mont-Gibloux- enfilèrent leurs capes et se mirent en route.

Les pas de Rufus le menèrent ensuite à croiser la route d’une caravane de voyageurs. Festifs et enjoués mais toujours sur la route.
Rufus demanda:
« Ne serait-il pas temps de poser vos sacs quelque part pour fêter Noël et se sentir chez soi? »
Une voyageuse qui paraissait être la matriarche répondit alors:
« Joli animal, nous sommes des étrangers. Les gens tolèrent notre passage mais ne nous accueillent pas chez eux. Le Mont-Gibloux et ses habitants craignent ceux qui sont différents et qui viennent de trop loin. »
Rufus s’offusqua
« Vous faites d’une exception une généralité. Écoutez-moi et vu que rien ne vous lie à ce lieu, rendez-vous au Château de Vaulruz et attendez ma venue. Il y aura là-bas de bonnes raisons de s’y poser. Et si vous connaissez d’autres etrangers en manque de foyer, prenez-les avec vous.
La matriarche, qui pensait toujours parler à un cerf – et on ne désobéit pas aux créatures magiques du Mont-Gibloux- épaula son baluchon et fit avancer son convoi.

Rufus rentra alors au château de Vaulruz et lorsqu’il y arriva, trouva toute une troupe d’artisans, de paysans et de voyageur devant les portes, que les Gardes ne laissaient pas entrer.
Rufus traversa la foule qui s’ecarta à son arrivée et devoila alors son identité véritable.
Le capitaine de la Garde qui etait de service en ce soir de Noël le salua et dit alors:
« Monseigneur, ces gens veulent entrer. Ils disent qu’un cerf les y a invité. Mais nous ne pouvons les laisser venir dans le château.
« Et pourquoi donc? » Demanda Rufus
« Les artisans ne font que travailler, et ils s’offusquent sans cesse que chacun ne partagent pas leur labeur.
Les paysans sont pauvres et n’ont rien d’autre à nous apporter que des bouches à nourrir.
Les étrangers sont trop différents et ils vont dénaturer notre culture.
Et puis…. aucun n’est combattant et c’est de guerriers dont nous avons besoin. »
Rufus réfléchit. Il pris ensuite la parole et annonça à tous.
« Vous avez tous des valeurs.
L’artisant glorifie le travail.
L’humble glorifie la solidarité
Le voyageur glorifie la liberté
Le guerrier glorifie la discipline militaire.
Chacune de ces valeurs à sa place sur le Mont-Gibloux. Mais pour cohabiter, nous devrons apprendre à les appliquer à nous-mêmes sans les imposer aux autres.
Et si, en ce jour de Noël, vous acceptez de faire cet effort, je vous ouvrirais les portes de mon château et il sera vôtre.
Alors que l’artisan nous construise une grande table.
Que le fermier ouvre le cellier et nous prépare un banquet
Que les voyageurs nous emmènent dans leurs aventures et leur musique.
Que les soldats veillent sur nous…. mais n’oublient pas de trinquer et festoyer.

Ainsi vous serez tous la Garde du Mont-Gibloux, pour Noël et pour tous les jours de l’année.

Image: Natalia Shilyakova-Sorokina